On en parle
Dans un premier et très beau chapitre, on sent Jefferies s’amuser à imaginer Londres vouée à la destruction et à son ensauvagement. C’était sans doute, pour cet amoureux de la campagne, une manière de montrer sa détestation de la modernité urbaine.
Avant l’apparition des personnages, l’auteur décrit avec brio la désagrégation des oripeaux citadins, les cultures en friches, la verdure indisciplinée, les arbres qui envahissent le terrain, la croissance d’une gigantesque forêt, les ruisseaux transformés en marais […]
Jefferies a construit sa fiction en entonnoir, du plan large – paysage puis société –, jusqu’au plan serré avec Felix [le protagoniste]. Celui-ci va lui-même entrer dans le paysage, tenter sa chance sur ce magnifique lac et son archipel imaginaire qui ont recouvert l’ancienne Londres et ses environs.
Selon Mark Frost : «Ce cauchemar environnemental victorien repose sur des préoccupations et des angoisses propres à son époque, mais fait également partie d’un continuum historique lié aux difficultés de l’anthropocène aujourd’hui.»
Frédérique Roussel – Libération
La première partie est composée de sublimes descriptions des paysages de cette Angleterre nouvelle, abandonnée aux arbres, aux végétaux et aux animaux. Les routes sont recouvertes, les villages prisonniers des ronces, entre étendues de terre et d’eau. L’ancienne cité londonienne est alors ensevelie par les marais, oubliée, perdue au fond des boues et des marécages. La nature devient ce personnage à part entière qui reprend alors ses droits, reconquiert ses espaces, effaçant les marques laissées par l’Homme. Anthropocène.
David Valentin – site http://lecontrehasard.com/
L’auteur construit une archéologie du futur singulière. La fin de la civilisation industrielle n’ouvre ni sur la rédemption ni sur la barbarie absolue, mais sur un monde instable, durablement réorganisé.
Une précieuse remise en lumière des éditions à la flamme de ce texte, œuvre marginale et un peu oubliée d’un écrivain singulier de la littérature anglaise de la fin du 19e siècle.
Dans ce livre d’une lenteur exigeante, étonnamment moderne, bien avant les récits survivalistes, Jeffries imagine un monde après la fin de la civilisation. L’un des premiers romans d’anticipation écologique, un récit à découvrir.
Josy – @bruitdeplumes
Information de parution
3 février 2026
ISBN
9 782959 039225Caractéristiques
Format 190 x 125 mmBroché avec rabats
392 pages


